LE CITHAREDE

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Mutation

On y pensait plus, mais il faut bien vous le dire : le tumblr ne sera plus actif car nous avons changé de plateforme.

Vous pouvez désormais nous retrouver sur : lecitharede.com

À tantôt 

Retour sur l’annee 2012 - side A

Bon, voici une première playliste retraçant de façon partiale et non-exhaustive ce qu’on a aimé et ce qui nous a fait bouger cette année. Bien sûr il y a des oublis, certains volontaires - les omissions - d’autres pas - les lacunes. Mais bon, comme on allait pas vous pondre une playliste de 200 titres, fallait bien se restreindre.  

La suite bientôt.

                          Retour sur 2012 - Side A by Citharede on Grooveshark

BLITHE FIELD/RICKY EAT ACID SPLIT

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C’est une bonne nouvelle pour les amoureux de collages et de samples bizarres: les Américains Blithe Field et Ricky Eat Acid se sont retrouvés à l’occasion d’un split, sorti le 19 décembre dernier sur cassette (100 copies seulement, à commander ici) et en libre téléchargement sur Bandcamp.

Ce split renferme 7 tracks composées par Blithe Field et 4 autres composées par Ricky Eat Acid, toutes relativement courtes. Ceux qui connaissent déjà les deux compères ne seront pas dépaysés, et je ne peux qu’enjoindre aux autres d’aller écouter les très bons Warm Blood (LP) et You Get Sick; You Regret Things (LP) sur les Bandcamp respectifs des deux artistes.
Pas de surprise, donc. Lo-Fi à souhait, le split est un enchevêtrement de collages et de samples, de mélodies entêtantes et de mélancolie. C’est un album intimiste et cohérent; il faut se laisser porter, l’écouter d’une seule traite.

C’est, en somme, un joli cadeau de Noël qui sera le compagnon parfait pour les longues journées de l’hiver à venir.

A écouter et à télécharger librement ici.

Burial - Truant/Rough Sleeper EP

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Il est vrai que les sorties de Burial - de son vrai nom William Bevan - sont toujours un évènement. Déjà parce que pendant longtemps, un mystère opaque planait sur son identité. Et d’autre part, le caractère avant-gardiste de ses releases, et bientôt l’influence qu’elles auraient sur la musique feront de lui un artiste incontournable de la scène électronique. Par exemple, le LP Untrue sorti en 2007  sur le label Hyperbud fut annonciateur (en quelque sorte) de la post-dubstep naissante. 

Ainsi, c’est avec enjouement que l’on accueille ce nouvel EP- Truant, toujours sur le label Hyperdub. Mais on ne peut s’empêcher d’en attendre beaucoup ; peut être trop. On le souhaite révolutionnaire, on le veut brisant les codes, on le désire réformateur et messianique. 

Sans révolutionner le genre, les deux tracks ne sont, pour autant, pas très conventionnelles. La construction est (comme on pouvait s’y attendre) soignée, et le parties vocales laconiques n’en demeurent pas moins très présentes. Finalement ce qui est le plus original, ce sont les “temps morts” disséminés au cœur de Truant ; c’est moins marqué sur Rough Sleeper où ils sont plus des pauses mélodiques. 

Burial nous offre encore une fois une belle prestation, et une bonne démonstration. 

Truant est un petit bijou doté d’une mélodie désarmante et changeante, la partie vocale vous tiendra compagnie tout au long de l’évolution de la chanson. 

Lee Bannon - Super Helpful

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Après mûres réflexions, on s’est dit qu’on avait toujours pas posté de Hip-Hop. 

Pour combler cette carence voici un track sorti fin novembre. Lee Bannon est un jeune producteur californien qui après de nombreuses collaborations s’est lancé en 2009 dans un projet solo.

C’est un petit bout de chanson bien conçu, bien couvé ; dont la construction ne laisse pas indifférent. Je ne m’attarderai pas plus longtemps. 

Bonne écoute. 

LUMERIANS - HORIZON STRUCTURES EP

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Lumerians, c’est un groupe de rock californien (pas de panique). Formé en 2006, Lumerians est signé chez Knitting Factory Records, chez qui il a déjà sorti un LP l’année dernière, Transmalinnia.

Amateurs de musique aseptisée, passez votre chemin. En revanche, si la dissonance, les structures hasardeuses et les voix caverneuses sont votre tasse de thé, restez encore un peu.

Le début de la décennie 2010 marque le retour en force du psyché, avec des groupes comme Tame Impala ou Django Django. Lumerians s’inscrit dans cette mouvance tout en exploitant d’autres influences, plus angoissantes et plus expérimentales.
Mélange singulier de Krautrock -on pense tout de suite à Neu! ou à Can-, de musique psyché, de musique électronique et de drone music, Horizon Structures est un chaos maîtrisé.
Lumerians
nous sert avec cet EP une musique plutôt sombre, mais qui dégage une vraie énergie.

Horizon Structures en streaming: http://www.deezer.com/fr/album/6147544

Aparde - Amnesie EP

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16 novembre 2012 : nouvel EP à ajouter au passif de l’allemand Paul Schroeder, aka Aparde. Son travail m’était devenu particulièrement intéressant avec la sortie du LP Goldene Barrikaden. S’en suivit des EP sur le Berlinois Keller Records, ou bien chez Concorde Club Records de Potsdam. 

Amnesie, se situe musicalement dans la lignée du LP de 2011, et de ses autres tracks en général. Autrement dit, on reste dans une techno progressive et minimaliste ; où la mélancolie se fait jour sur le fond d’une plénitude atmosphérique. On navigue dans une construction probante, entre enrichissement et épuration. 

La nostalgie, et une douceur chaleureuse s’empare de nous, jusqu’à ce qu’alors, la dynamique des titres ne s’emporte et vous emporte en voyage, en méditation, vers un lieu qui ne peut être que cosy ; où la mélodie cossue berce vos envies.

Ce nouvel EP d’Aparde ne trustera pas vos dancefloor, mais vous accompagnera certainement pour longtemps. 

En téléchargement libre sur : http://aparde.bandcamp.com/

Fairmont - Automaton LP

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Retour sur ce début de mois de novembre. Le 12 sortait sur le label canadien My Favorite Robot Records, le dernier LP de Jake Fairley, aka Fairmont. Ça fait un bout de temps que ses tracks font couler de l’encre et travaillent nos oreilles ; et notamment sur le très bon label Border Community Records - Velora EP, pour n’en citer qu’un.

Ce nouvel opus opère une certaine inflexion dans la musique du DJ-producteur. Je m’explique. Celui-ci a toujours mêlé bien des genres musicaux, on y trouvait synthés très 80’s se fondant en nappes sombres et lancinantes. Inquiétantes, et entrainantes. Le tout reprenant les codes de la techno moderne. Tout au long d’une carrière qui s’étale sur une dizaine d’année, déjà, il est parvenu à produire une sonorité, une couleur musicale propre le caractérisant.

Loin de s’affranchir de cette sonorité créée par les années, ce nouvel LP vient les enrichir. On y entend bien plus de vocals rappelant l’indie - ce qui semble s’intégrer dans une marche actuelle, à l’image du LP, Beams, de Matthew Dear ou bien You & Me de Jacob Korn.

Bref! Les lignes mélodiques sombres et si caractéristiques, se marient avec cette voix entêtante : création et renouvellement d’une empreinte sonore attachante, unique, et qui fonctionne. 

 

http://www.myfavoriterobotrecords.com/releases/mfr062-fairmont-automaton/

CLOWN&SUNSET - DON’T BREAK MY LOVE LP

Clown&Sunset est un label indépendant qui fait lui-même partie de Clown&Sunset Aesthetics, une maison de production interdisciplinaire fondé en 2009 par le très talentueux Nicolas Jaar et son ami le réalisateur Noah Kraft. Don’t Break My Love est un LP qui fait intervenir tous les petits poulains de l’écurie Clown&Sunset (Brandon Wolcott & Emil Abramyan, Pavla & Noura, Nikita Quasim, Just Friends, Acid Pauli, Valentin Stip, Will Epstein, Vtgnike et Jaar lui-même). Joie.
Cet LP a bénéficié d’une sortie “physique” peu conventionnelle au début de l’année: ce n’était ni un CD, ni un vinyle, mais un cube. Un cube sur lequel était enregistré le LP et qui était équipé de deux prises jack; un objet un peu encombrant mais fort appréciable. La release digitale date d’hier, ce qui nous permet de revenir sur cet album jouissif.

Don’t Break My Love nous gratifie de 12 tracks stratosphériques et frôle la perfection. Avant d’être un album de musique électronique, c’est un album de “musique savante” moderne. C’est un mélange savamment millimétré entre musique classique, acoustique, et MAO. “YouAndTheSpace Between” de Wolcoll et Abramyan, qui ouvre le LP, est à ce titre assez déroutant (mais non moins brillant): n’étaient les samples discrets qui sillonnent le track, on serait persuadé que l’on est en train d’écouter un album de musique classique. Cela dit, même si le LP s’inscrit -à mon sens- dans cette logique de mélange de composants de styles musicaux différents (voire diamétralement opposés), chaque track dispose de son alchimie propre. Celle-ci sera plus expérimentale (“Ishmael”, de Jaar, Epstein et Harrington) et celle-là empruntera davantage à la musique électronique (“Untitled juke 1” de Vtgnike).
Dans tous les cas, Don’t Break My Love est un album qui ne laisse pas indifférent. Conçu comme un mix, les tracks s’enchaînent sans difficulté et l’album se laisse très facilement apprivoiser. C’est un hymne onirique auquel on ne saurait résister; le génie de Nicolas Jaar et de ses petits protégés nous offre, une fois de plus, un petit bijou. C’est un album presque mystique; un véritable appel à la sensibilité.

Valentin Stip - Hialthaikn:


DON’T BREAK MY LOVE en streaming sur le site web de Clown&Sunset:

http://www.csa.fm/clownandsunset/main.php